Le prochain film Street Fighter continue de se dévoiler à coups de mandales, de références au jeu et d’un plan Chun-Li dont personne n’avait franchement besoin. Une bande-annonce généreuse, mais peut-être un peu trop généreuse.

Il faudra encore patienter jusqu’au 14 octobre prochain avant de découvrir Street Fighter au cinéma. Une précision qui devient presque nécessaire tant Paramount et Legendary Pictures ont décidé de transformer la promotion du film en véritable marathon. Depuis plusieurs mois, les extraits s’enchaînent, les acteurs sillonnent les plateaux et les images inédites tombent à un rythme qui ferait presque oublier que nous n’avons toujours pas vu le film.
À ce rythme, la campagne promotionnelle finira peut-être par coûter aussi cher qu’un combat entre Ryu et Ken. Le long-métrage réalisé par Kitao Sakurai aurait bénéficié d’un budget de production estimé autour de 120 millions de dollars. Il faudra donc que les amateurs de hadoken soient nombreux dans les salles pour permettre au projet de rentrer dans ses frais, surtout après une année 2026 qui n’a pas franchement épargné les grosses productions hollywoodiennes.
Et aujourd’hui, nouvelle salve avec une bande-annonce qui dépasse allègrement les deux minutes et demie. Une durée particulièrement confortable pour un film dont l’un des principaux arguments reste évidemment le spectacle. Et du spectacle, il y en a. Beaucoup. Peut-être même suffisamment pour nous donner l’impression d’avoir déjà vu une bonne partie des meilleures cartes du film.
Ryu, Chun-Li et beaucoup trop de mandales
Difficile en tout cas de reprocher à cette vidéo d’être avare en références. Ryu est là, les techniques iconiques aussi, Evil Ryu pointe le bout de son nez et la rivalité entre combattants occupe une bonne partie du programme. Même les bruitages semblent directement sortir de la borne d’arcade, histoire de rappeler toutes les cinq secondes que oui, nous sommes bien devant une adaptation de Street Fighter.
Et puis il y a Chun-Li, incarnée par Callina Lang, qui bénéficie elle aussi de son petit moment de promotion… disons particulièrement appuyé. Le genre de plan qui semble avoir été ajouté après une réunion où quelqu’un a simplement demandé :
« On peut mettre encore un peu de fan-service ? »
Sur le papier, tout cela fonctionne. Voir les personnages s’écharper avec leurs techniques emblématiques reste extrêmement plaisant et certaines séquences donnent clairement envie de voir ce que le film peut proposer sur grand écran. Le problème vient plutôt de l’accumulation.
À force de montrer les combats, les personnages et les clins d’œil les plus évidents, cette bande-annonce donne parfois la désagréable impression de vouloir nous convaincre à tout prix. Comme si le film devait absolument nous rappeler qu’il possède des poings, des explosions, des costumes reconnaissables et quelques références bien placées.
Et c’est dommage, parce qu’il restait encore quelques cartes intéressantes à conserver pour la sortie. Le duel entre Ryu et Honda, par exemple, aurait parfaitement pu rester bien au chaud jusqu’au mois d’octobre. Histoire de nous laisser quelques surprises plutôt que de transformer chaque nouvel extrait en inventaire des combats disponibles.
Autre petite inquiétude : le ton. Les précédentes images laissaient entrevoir un Street Fighter capable de jouer avec son côté complètement barré. Cette nouvelle bande-annonce semble parfois vouloir rendre l’ensemble beaucoup plus sérieux et spectaculaire. Pourquoi pas, évidemment, mais attention à ne pas oublier que l’ADN de la franchise repose aussi énormément sur son absurdité.
Après tout, personne ne vient voir Street Fighter pour assister à une tragédie grecque en trois actes.
Alors oui, cette nouvelle bande-annonce nous donne envie. Évidemment qu’on sera dans la salle le 14 octobre avec notre pop-corn, prêts à voir Ryu distribuer des Shoryuken comme s’il était payé à la mandale. Mais on aurait tout de même apprécié que Paramount range quelques images dans un tiroir avant de nous les montrer.
Parce qu’à force de vouloir vendre le film avant sa sortie, le studio risque surtout de nous laisser une seule question au moment du générique : qu’est-ce qu’ils nous ont encore gardé ?