Comme chaque année, le Super Bowl ne se contente pas de sacrer une équipe. Il devient aussi la plus grande vitrine publicitaire de la planète. Nostalgie assumée, concepts absurdes ou coups de com’ plus risqués : l’édition 2026 n’a pas dérogé à la règle. Et même si le football américain laisse une partie de l’Europe de marbre, les écrans, eux, captivent toujours autant.

Car au-delà du sport, le Super Bowl reste un terrain de jeu hors normes pour les annonceurs. Budgets vertigineux, stars à la pelle et idées parfois brillantes, parfois douteuses : voici une sélection des spots qui ont marqué la soirée.
“Jurassic Park… Works”
Xfinity a dégainé l’arme ultime du marketing : la nostalgie. Après avoir ressuscité Bill Murray il y a quelques années, l’opérateur américain s’attaque cette fois à un monument du cinéma populaire. Direction Jurassic Park, version “et si tout avait mieux fonctionné”.
Le spot détourne malicieusement le film de Spielberg en imaginant un John Hammond équipé d’une connexion internet digne de ce nom. Clins d’œil à la pelle, reconstitutions soignées et un rajeunissement numérique étonnamment propre : la recette est classique, mais diablement efficace.
“Unavailable”
Yorgos Lanthimos poursuit ses incursions publicitaires et retrouve Emma Stone pour une collaboration avec Squarespace. Le concept est minimaliste, presque mélancolique : en noir et blanc, la publicité acte la disparition du nom de domaine “Emma Stone”.
C’est élégant, étrange, et parfaitement aligné avec l’univers du réalisateur grec. Une pub qui se regarde plus comme un court-métrage que comme un simple argumentaire marketing.
“Love at first bite”
Pringles a choisi l’absurde total. Sabrina Carpenter se retrouve au cœur d’une relecture improbable de Frankenstein, où l’objet de la passion n’est autre qu’un homme-pomme de terre.
C’est bizarre, oui. Totalement inattendu, aussi. Et contre toute attente, le mélange fonctionne, porté par l’autodérision de la chanteuse et l’humour volontairement décalé de la marque.
“The Choice”
Pepsi frappe là où ça fait mal. Sans IA, sans fioritures, la marque met en scène un geste impardonnable : voler la mascotte emblématique de Coca-Cola.
Le spot joue la carte de la simplicité, avec en bonus un clin d’œil bien senti à un incident récent lors d’un concert de Coldplay. Une pub courte, efficace, et suffisamment malicieuse pour marquer les esprits.
“Good Will Dunkin”
Quand Dunkin’ décide de revisiter Good Will Hunting, le résultat est forcément inattendu. Ben Affleck campe un Will version employé de fast-food, tandis que Matt Damon n’est jamais bien loin.
Le spot empile les apparitions de célébrités Jennifer Aniston, Matt LeBlanc ou encore Alfonso Ribeiro et s’appuie sur la complicité légendaire du duo Affleck/Damon pour livrer une parodie généreuse, clairement pensée pour les fans.
“Will Shat”
Kellogg’s mise sur William Shatner pour promouvoir Raisin Bran. Sur le papier, l’idée semblait amusante. À l’écran, le jeu de mots choisi (“Will Shat”) frôle surtout le mauvais goût.
La référence est lourde, insistante, et laisse une impression assez gênante. Comme quoi, tout ce qui est techniquement possible n’est pas toujours souhaitable.
“You can just build things”
OpenAI signe sans doute l’un des spots les plus discutables de la soirée. L’entreprise célèbre la créativité humaine pour vendre… de l’intelligence artificielle.
À un moment où les débats sur le droit d’auteur et la propriété intellectuelle sont plus brûlants que jamais, mettre en scène un humain qui lit, dessine ou crée sonne étrangement creux. Le choix d’une musique tirée de 28 jours plus tard n’arrange rien, renforçant une atmosphère presque cynique.
Le message final “You can just build things” résonne difficilement quand le modèle économique repose justement sur l’exploitation de créations existantes. Une publicité à côté de la plaque, et probablement l’une des plus critiquées de cette édition.