Nicolas Cage range définitivement le costume de Ben Reilly. Malgré un accueil critique particulièrement favorable, Spider-Noir ne connaîtra finalement pas de deuxième saison sur Prime Video.

Il fallait bien qu’une araignée finisse par se prendre les pieds dans sa propre toile. Alors que l’univers de Spider-Man continue de prospérer au cinéma, le très réussi Spider-Noir vient, lui, de recevoir un joli coup de massue. Prime Video a décidé de mettre un terme à la série après une seule saison.
Une décision d’autant plus surprenante que la production avait réussi à se faire remarquer dans un paysage super-héroïque pourtant saturé. Direction artistique, ambiance rétro, violence et interprétation de Nicolas Cage : Spider-Noir avait choisi de prendre un chemin radicalement différent de celui des habituelles productions Marvel. Et visiblement, cela n’aura pas suffi.
La série figurait même parmi les productions les plus représentées aux Emmy Awards en 2026. Pas exactement le genre de CV qui laisse penser qu’une annulation était imminente.
Nicolas Cage, de son côté, semble avoir accepté la décision avec philosophie. L’acteur considère que cette première saison lui a permis d’aller au bout de ce qu’il voulait raconter avec cette version très particulière de Spider-Man. Une manière élégante de tourner la page, même si nous, on aurait bien aimé lire quelques chapitres supplémentaires.
Prime Video regarde surtout les compteurs
Le problème est finalement assez classique : les critiques ne paient pas les factures.
Les chiffres d’audience communiqués par Nielsen Streaming permettent de comprendre pourquoi Prime Video n’a pas souhaité poursuivre l’aventure. Aux États-Unis, Spider-Noir aurait accumulé environ 2,6 milliards de minutes visionnées sur une période de six semaines.
Dit comme ça, le nombre paraît évidemment gigantesque. Mais lorsqu’on le compare aux performances d’autres productions de la plateforme, le tableau devient nettement moins flatteur. Reacher, par exemple, pouvait atteindre entre 1,5 et 2 milliards de minutes regardées… chaque semaine lors de sa première saison.
Autrement dit, l’homme-araignée version années 30 était loin de jouer dans la même catégorie que le gros costaud interprété par Alan Ritchson.
Et c’est probablement là que le bât blesse. Une série peut être adorée par la critique, récolter des nominations et proposer quelque chose de différent : si les abonnés ne sont pas suffisamment nombreux à la regarder, la suite devient rapidement compliquée à défendre auprès des décideurs.
Même la possibilité de découvrir Spider-Noir en noir et blanc ou en couleurs n’aura donc pas permis de transformer l’essai.
Une histoire qui avait pourtant encore des choses à raconter
C’est précisément ce qui rend cette disparition frustrante.
Spider-Noir n’était pas simplement une nouvelle déclinaison d’un personnage Marvel connu. La série avait réussi à construire une identité propre, en mélangeant enquête, super-héros et esthétique de film noir dans une New York des années 1930. Surtout, sa première saison laissait suffisamment de portes ouvertes pour imaginer une suite.
Après son affrontement contre Megawatt, Ben Reilly pouvait enfin envisager une nouvelle existence. Son activité de détective devait reprendre, avec Robbie et Janet désormais parfaitement conscients de sa véritable identité. De quoi installer une dynamique intéressante pour une éventuelle deuxième saison.
Le contexte historique offrait également un terrain de jeu particulièrement riche. Oren Uziel avait d’ailleurs évoqué la possibilité de faire évoluer progressivement son récit avec les bouleversements politiques et économiques qui allaient transformer les États-Unis.
Et c’est probablement l’un des plus gros regrets : Spider-Noir avait encore un monde à explorer.
Faire évoluer Ben Reilly dans une Amérique qui se rapproche progressivement d’une nouvelle guerre mondiale, avec les tensions économiques et géopolitiques de l’époque en toile de fond, aurait pu donner une suite radicalement différente. Mais il faudra finalement se contenter de l’imaginer.
Sony n’a pas encore dit son dernier mot
L’annulation ne signifie cependant pas que Prime Video abandonne complètement les expérimentations autour de l’univers Spider-Man. D’autres projets développés avec Sony Pictures existent encore et pourraient prochainement prendre le relais.
Reste que le bilan commence à devenir compliqué pour les séries issues de cet univers. Silk, centrée sur Cindy Moon, avait déjà été abandonnée avant même d’entrer en production.
Après avoir connu des fortunes diverses au cinéma, le Spider-Verse version Sony semble désormais devoir trouver sa place sur les plateformes de streaming. Et pour l’instant, le parcours ressemble davantage à une toile pleine de trous qu’à un plan parfaitement maîtrisé.
Quant à Nicolas Cage, il faudra donc ranger le chapeau, le trench-coat et les toiles. Ben Reilly aura finalement eu droit à une seule enquête. Et franchement, on aurait bien signé pour quelques affaires supplémentaires.
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